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Mars 2026

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Pour surmonter certains obstacles inexplicables et surtout inexpliqués, il m'a fallu réapprendre le HTML haut de gamme afin de comprendre et de recoder à ma guise la mise en page, les éléments du livre, comme la table des matières que je voulais en fin de volume et non en début, et d'inclure des images dans un format non pas imposé mais choisi par moi, en accord avec le reste de l'ouvrage. Les Anglais parlent de can of worms lorsqu'un problème que l'on croit réglé en génère deux autres, qui en génèrent quatre. Vous voyez l'idée. Exemple type : l'ebook fut refusé à de multiples reprises pour un problème invisible dans la table des matières — une instruction vide qui ne gênait en rien et n'affichait de toute façon rien. Le vérificateur automatique avait décidé que c'était un acte répréhensible contre l'humanité et bloquait laconiquement, en fournissant des indices cryptés. J'ai eu l'impression d'être Sherlock Holmes. Cela m'a coûté quelques week-ends et de bons maux de tête, mais je suis ravi de vous écrire qu'en cette occasion du moins, l'homme s'est avéré plus fort que la machine.

La couverture était prête, il n'y avait plus qu'à. Mais oui, bien sûr. Certaines plateformes exigeaient des gabarits au pixel près, avec des résolutions minimales et d'autres détails que je vous épargnerai. Personne ne mérite ça.

Me voilà donc sur GIMP, m'improvisant graphiste numérique. Voilà une casquette que je n'aurais jamais imaginé porter un jour. Vous avez l'impression que le mandarin est une langue difficile ? Essayez GIMP : vous allez voir que calligraphier des sinogrammes, c'est du gâteau.

Mais la (més)aventure n'était pas finie. « Puissiez-vous vivre des temps intéressants » est la formulation traditionnelle de la célèbre malédiction apocryphe. Écrivez donc un livre : ces moments intéressants seront également inoubliables. Ça fait des choses à raconter aux amis pour briller en société.

Le livre était enfin de nouveau prêt. Je pensais la mise en page une chose du passé. C'était sans compter sur le problème des plateformes. J'aurais pu me contenter d'aller sur une plateforme qui commence par A, comme la plupart des auto-édités, mais je possède une autre liseuse — qui, elle, ne commence pas par A — certains de mes amis aussi, et je voulais avoir la chance d'être lu par tous.

Tel Alice au pays des merveilles électroniques, je suis donc entré de plain-pied dans un autre monde, étrange, dans lequel les règles me semblaient une fois de plus bien difficiles à comprendre. Par exemple, mon manuscrit a été automatiquement refusé par une plateforme spécifique. Cette fois-ci, le HTML n'était pas en cause. Pourquoi ? Je mentionnais le nom d'une autre plateforme en fin de texte pour expliquer aux lecteurs où le livre était disponible. Il paraît que c'est un crime. Encore fallait-il le savoir.

Mais avec le temps, on finit, si l'on conserve toute sa détermination, par franchir bien des obstacles. Je regarde le parcours d'embûches dans lequel j'ai figurativement rampé pour ces trois cents pages. J'ai appris, j'ai grandi, j'ai mûri et j'ai découvert tout un monde que je ne connaissais pas. J'ai eu des contacts avec énormément d'étrangers sympathiques, je me suis mis aux réseaux sociaux — moi qui en avais une sainte horreur. Et depuis je sais que je sais raconter une histoire.

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