NOVEMBRE 2026
En septembre, j'ai vendu UN livre. Six jours plus tard, j'en avais vendu -1. Ce mois-ci, je vous raconte comment un livre négatif m'a ouvert une porte :
J'ai eu la joie et le bonheur indicible de vendre UN livre. UN seul. Pas deux. Fidèle à moi-même, j'avais prévu de fêter ça avec un gâteau. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que ma vente avait été annulée ! Six jours plus tard, j'avais donc vendu -1 livre, ce qui me ramenait à zéro vente. Le grand A a inventé le livre négatif. Il fallait y songer.
Ne voulant pas mourir idiot, et passée ma déception évidente, je me suis penché sur la question. Les ventes de mon livre avaient pas mal chuté après un excellent départ, et j'ai compris en observant le marché de l'autoédition qu'un livre en pousse un autre. KDP lui-même semble estimer le cycle de vie d'un livre autoédité à six mois : il suffit d'afficher les commandes sur « cycle de vie complet » pour voir les ventes s'étaler sur six mois et demi en arrière à partir du jour même. Ce n'est pas une règle officielle, c'est ma lecture de l'écran, mais elle me paraît plausible.
Il faut dire que le monde de l'autoédition est rempli de livres de tous les genres, surtout de la romance et de la fantasy. C'est une avalanche livresque permanente. On y a pratiquement autant de chances de se faire une place au soleil que de gagner au loto et d'épouser Miss Monde. Le même jour.
Justement, le même jour, j'ai reçu une demande de collaboration impromptue sur un réseau social. Un lecteur avait lu mon livre et lui avait attribué cinq étoiles sur Amazon. Il me contactait pour me demander la suite. Je ne vous dirai pas si les deux événements sont liés. Je vous laisse en juger. J'ai renvoyé ce nouveau fan vers mon site et vers cette newsletter, où je raconte les coulisses du tome 2. Si vous êtes arrivé ici par ce chemin, bienvenue.
Je suis passé par des montagnes russes émotionnelles. Puis je me suis dit qu'un non-achat s'était transformé en investissement auprès d'une communauté que je n'arrivais pas à atteindre. À défaut de royalties, déjà très modestes, j'avais gagné un peu plus d'existence.
Je ne sais pas où ça va mener, mais cet influenceur en connaît beaucoup d'autres. En une journée, j'ai vu le livre gagner de l'existence auprès de toute une communauté qui, elle aussi, a aimé le commentaire flatteur du premier… et a ajouté les siens. Cela représente au moins deux mois de prise de contact et de campagne d'e-mails condensés en une seule journée. Et un vivier de plus de 25 000 lecteurs potentiels, si l'on additionne leurs communautés. J'ai enfin glissé un orteil dans le Bookstagram, moi qui piétinais depuis des mois devant la porte.
Ces personnes me liront-elles ? Je ne sais pas. Aimer et commenter ne veut pas dire lire. Mais je compte les contacter pour leur proposer mon livre en service de presse. Et les simples lecteurs ? J'ai fini par comprendre que si la mayonnaise doit prendre, ce ne sera pas avant le tome 2, voire le tome 3. C'est un peu comme Netflix : les gens ne s'investissent dans une série qu'une fois qu'elle est bien ancrée et renouvelée.
Alors je continue d'écrire, en remontant le temps, en vous donnant rendez-vous dans les coulisses.
À bientôt, dans le sens du temps ou à rebours.