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Octobre 2026

OCTOBRE 2026

On me dit souvent que mon héros est fade à côté de ses seconds violons. Dans le tome 2, j'ai décidé de leur donner raison — et de leur offrir les premiers chapitres :

Le premier tome a nécessité un travail dont je ne me croyais pas capable. Je ne compte même plus le nombre d'heures, de nuits, de réécritures pour chaque chapitre et chaque passage du livre. Je m'étais donc préparé à souffrir — je crois que le mot n'est pas exagéré — pour l'écriture du tome 2.

Ben oui, c'est comme ça. Il y a des auteurs qui créent dans la joie ; pas moi. Moi je suis content quand c'est fini. J'ai besoin d'une émotion négative pour la changer en quelque chose qui me sort de la zone moins pour aller dans la zone plus. Ce qu'il y a de bien avec la vie, c'est qu'il y a toujours un os dans la soupe — parfois même un crâne et des tibias. Autrement dit, les occasions de déprimer ne me manquent pas. Mais je m'égare. Le second tome fut néanmoins plus facile à écrire que le premier. Le métier rentrerait-il ?

On attend d'un héros qu'il brille, d'une façon ou d'une autre. Gabriel est l'opposé même d'une personne que l'on remarque. Affublé d'une invisibilité sociale, comment pourrait-il être remarqué ? Il fait simplement ce qu'il peut lorsqu'il en a l'occasion. Comme chacun d'entre nous. Dans les cinq tomes, Gabriel est notre fil rouge. Il nous emmène de 1966 à 1953, puis à 1947 et ainsi de suite contre le courant du temps. Les tomes se déroulent selon sa chronologie à lui, qui remonte les années, et non selon la nôtre plus banale, qui aussi est celle de Penelope.

Avoir un anti-héros comme personnage phare monochrome me donnait toute latitude de créer une myriade de comparses. Il y avait dans le premier tome des personnages secondaires assez hauts en couleur, sortis du roman avant d'avoir reçu l'attention qu'ils méritaient. Logiquement, si le temps allait dans le sens habituel, 1947 → 1953, ils auraient été développés avant. Le deuxième tome était l'occasion de régler quelques détails qui me chiffonnaient encore à la fin du tome 1. Le premier tome se passe en 1953 et le deuxième en 1947. J'avais dans le second roman l'espace pour les développer antérieurement.

Voilà un défi qui ne pouvait que me plaire : étoffer des personnages en amont qui avaient marqué les lecteurs en aval. Il m'a fallu passer par un long prologue et entrelacer leur histoire à l'intrigue principale, mais deux des personnages secondaires les plus marquants du tome 1 ont eu droit à une seconde-avant-la-première vie. On les retrouve des années avant, et l'histoire permet de découvrir pourquoi et comment ils sont devenus qui ils sont en 1953, sans contredire le premier volume.

J'ai trouvé l'exercice passionnant. Dans ma tête et sur le papier, j'ai réparé une injustice en donnant un espace à des personnages partis trop tôt.

Ce que la vie ne fait pas toujours...

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