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Octobre 2026

OCTOBRE 2026

J'ai commencé le tome deux, j'ai même bien avancé.

Penelope est irrémédiablement morte en 1966. Mais elle était bien vivante en 1953, et a fortiori en 1947. Gabriel, pour des raisons que je ne vais pas expliquer ici, s'est retrouvé arraché à elle en 1953, après leur victoire.

Au revoir Londres, tome 1. Bonjour Paris, tome 2. Il va continuer leur idylle dans le passé. Oui, continuer, car pour lui, leur romance reste avant tout une découverte. Contrairement à nous, il progresse par petits bonds en arrière dans le temps. Il découvre ce que Penelope a toujours su. Notre passé, c'est son futur.

Ça vous agresse le cuir chevelu ? Vous n'êtes pas les seuls. En matière de temps, nous sommes profondément habitués à une seule ligne : en avant toute. Si je parlais de distance, aller en avant ou en arrière ne vous perturberait pas plus que ça. Nous construisons le monde que nous acceptons. La physique nous aide un peu, remarquez : il suffit de se prendre les pieds dans le tapis deux ou trois fois pour comprendre, une fois pour toutes, que la gravité ne se négocie pas. Elle est, et on l'accepte sous peine d'être lourdement sanctionné.

Mais revenons à Gabriel. Il rencontre Penelope pour la première fois en 1953, à Londres. Elle le reconnaît. Elle lui apprend qu'ils sont ensemble depuis 1922, et qu'il disparaît systématiquement pour lui revenir des années plus tôt. Il peine à la croire : on a beau être surnaturel, tout le monde a ses limites. Comme pour le lecteur, c'est un peu trop pour lui. Mais elle connaît tout de lui, mieux qu'il ne se connaît lui-même. Il en tombe amoureux en apprenant qu'un jour le temps l'emportera loin d'elle.

On soupire après l'éternité des sentiments, mais on ne tient qu'à ce qui est éphémère. Pour toujours, c'est dans les livres de contes de fées.

Dans le tome 2, ils se retrouvent à Paris, en 1947. Penelope sait déjà qu'il va repartir dans le passé. Pour elle, c'est la suite d'une histoire vieille de 25 ans. Pour lui, ce n'est que le deuxième chapitre d'une vie en pointillé avec elle.

Voilà tout le borogodó (je vis au Brésil, ami lecteur, à vos dictionnaires, je vais vous faire briller en société) de cette histoire : son futur à lui, c'est son passé à elle. Et vice versa. Mais alors, comment partager une vie commune, sans jouer les pythies, quand le simple fait de le dire pourrait tout faire dérailler ?

À chaque étape, il la retrouve à chaque fois plus jeune, amoureuse, oui... mais comment vibrer à l'unisson sur le diapason de la romance quand on vit une idylle en décalé, sans entendre exactement la même musique ?

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