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Août 2026

AOÛT 2026

Trouve-t-on toujours les mêmes livres sur le BookTokStagramTube ? Question très pertinente, surtout de mon côté du miroir, comme dirait Alice. Pour les auteurs toujours pas à la mode — là, je sais de quoi je parle —, les fenêtres d'opportunité pour réellement exister sont hors de portée. Nous errons, créatures liminaires, un peu comme Gabriel, sur les berges du Léthé. Chroniques radio, émissions littéraires, salons du livre... Que ça serait bien de pouvoir y avoir droit ! Encore faut-il avoir le bon sésame et montrer patte blanche pour entrer dans le cercle de feu.

Le bouche-à-oreille ? À part ma bouche et les oreilles de personnes de mon entourage, il n'y en a pas beaucoup d'autres qui ont le temps de m'écouter. Pour que ça puisse marcher, il faudrait générer un effet boule de neige, qui doit bien commencer quelque part. Mais où ? Je cherche encore mais à priori il n'y a pas beaucoup de neige à Rio de Janeiro.

BookTok, Bookstagram et BookTube génèrent beaucoup de démarches. C'est un investissement chronophage. De plus, il faut avoir les bons codes, savoir se mettre en avant, solliciter, accepter que parfois on ne rentre pas dans la bonne case : pas le bon genre, pas le bon agenda, ou le chroniqueur n'a pas le temps, ou parfois ne répond pas.

C'est une bonne école pour comprendre qu'un refus ne remet pas en cause la valeur de son histoire — mais ça reste pratiquement l'une des seules portes pour proposer ses œuvres à un public.

Un petit mot en aparté sur le TokStagramTube. J'ai été frappé, lorsque j'arrivais à les contacter, par leur gentillesse. Il y a paradoxalement une humanité dans ce royaume électronique qui est perdue dans le vrai monde.

Donc j'observe, tel un enfant en dehors d'un magasin de jouets privé de bonbons, les livres qui sont en vitrine. Ce qui me surprend, ce n'est pas la limite de titres — il y a pléthore de romances farcies de tropes formatés — c'est la limite de genre. Parfois, quelques loups-garous y traînent avec leur meute et leur Belle repoussée, parfois un peu de fantasy montée en épingle par des elfes toujours prêts à s'amouracher ou à vous pourfendre de leurs épées... et c'est tout ? Hors de ces genres et de leurs tropes, point de salut pour le lecteur... a fortiori pour l'auteur.

« On se croirait sur Netflix avec ses algorithmes qui vous proposent des séries similaires à celle que vous venez de finir. Plus tu avales, plus tu avaleras. »

Ça pose une question à laquelle je n'ai pas la réponse : une œuvre littéraire est-elle devenue un produit de consommation ? Gabriel doit-il apprendre à mordre, ou le lecteur a-t-il désappris à lire autre chose ?

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