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Février 2026

FÉVRIER 2026

Je pensais naïvement qu'écrire un livre signifiait avoir une histoire intéressante et une manière originale de la raconter. On ne peut pas se tromper davantage.

Le livre était fini — ou plutôt, devrais-je écrire : la première version de mon premier livre était finie. Il faut passer par un alpha-lecteur. Dans mon cas, ce fut une alpha-lectrice des plus rigoureuses. Je la remercie encore, nous sommes encore amis, j'avoue cependant être resté plusieurs fois sidéré par la manière dont elle interprétait une scène qui me semblait tout à fait anodine. Elle y voyait des horreurs que je n'imaginais même pas. Elle m'a poussé à réécrire une bonne partie du livre, à affiner mes idées, à élever le potentiel des personnages et à faire ressentir plutôt qu'à étaler les moments de révélation ou les passages sentimentaux. La seconde version de mon livre avait déjà une autre forme. Le ton était devenu plus subtil et infiniment plus adulte.

Puis vint Babelio. Ce site fut une révélation et une bonne surprise. Si vous avez perdu foi en l'humanité, allez sur Babelio. Je n'irais pas jusqu'à dire que les personnes qui ont accepté de me lire y sont devenues des amis, mais leur gentillesse, leur disponibilité et leur ouverture d'esprit m'ont énormément aidé à retravailler certains concepts et mises en page. Je découvrais, avec leur aide, les bienfaits de la bêta-lecture et de la lecture de sensibilité, deux termes qui m'étaient encore totalement inconnus quelques mois plus tôt.

Une alpha-lectrice et huit bêta-lecteurs plus tard, je pensais ma troisième version ultra-prête. Je me suis alors dit qu'il fallait que je touche l'objet réel avant de passer à la publication. J'ai donc fait imprimer un tirage ultra-limité de quatre exemplaires. C'est hallucinant de voir le nombre de coquilles que l'on rencontre au fil des phrases alors qu'on a utilisé tous les correcteurs orthographiques et grammaticaux du monde. Et le plus incroyable, c'est que ces erreurs, on ne les voit même plus à l'écran. Il faut tenir le livre imprimé entre les mains pour qu'elles vous sautent aux yeux. C'est peut-être une question de génération. Il aura fallu quatre impressions consécutives supplémentaires pour tenir une quatrième version pratiquement sans faute.

Le roman existait sans avoir d'existence légale. Pour exister légalement et que j'en sois reconnu comme l'auteur, il m'a fallu passer par différents organismes afin de m'enregistrer comme auteur de mon œuvre et de recevoir un numéro ISBN.

Je pensais que la boucle était bouclée : à moi la gloire et la renommée. Que nenni, mes amis. Il me fallait entrer dans la catégorie des formats. Créer un livre en ligne me semblait une chose facile. J'étais tellement sûr de moi. Un livre papier et un livre numérique ne sont pas la même chose et font entrer en lice des logiciels différents, avec des subtilités et des incontournables bien irritants. J'ai souvent eu l'impression qu'on exigeait de moi de faire rentrer un éléphant dans une boîte à chaussures.

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