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Juillet 2026

JUILLET 2026

Ils sont les faire-valoir malgré eux des héros du roman. Ils disparaissent et reviennent au gré des chapitres. Ils soutiennent l'intrigue, apportent du relief, infirment ou confirment des hypothèses. Trop souvent, ils sont interchangeables et oubliables — ce qui est un crime pour n'importe quel personnage.

Les personnages secondaires sont des pépites cachées. Mon travail avec chacun d'eux commence par trouver leur voix. Ils ont tous une voix qui leur est propre, un vocabulaire, une manière de parler, une couleur qui doit les rendre uniques.

Je confesse que je me suis énormément amusé à développer tous les personnages secondaires de ma série, à tel point que Penelope et Gabriel n'ont plus eu, par moments, le monopole de l'histoire.

Je ne voulais pas abuser de l'atout facile de la nouveauté pour intéresser mes lecteurs. Créer sans cesse d'autres personnages pour intriguer me semblait une solution de facilité. Je pars du principe que si un personnage est vraiment bon, il est développable — je prends même cela comme un défi : trouver le levier qui le rendra attachant ou intéressant à lire n'est pas toujours évident, mais c'est un exercice stimulant. Quand on pense à la vie, on se rend compte qu'elle est plus incroyable que la plupart des romans.

Je crée l'univers de Castle Hill, et je ne pouvais pas tous les introduire en même temps et les développer d'un seul coup sans perdre les lecteurs. J'ai donc opté pour une stratégie d'alternance. Certains d'entre eux prennent une place plus importante dans le deuxième tome ou dans les suivants, tandis que ceux qui étaient plus présents se mettent en retrait. Cela me permet de proposer une palette plus riche à mes lecteurs.

J'avoue pourtant un oubli, celui de Nocturne, le chien fantôme.

Qui au final régente la vie (l'après-vie, dans ce cas) des pensionnaires de Castle Hill ? Eh bien, c'est vous. Un exemple frappant fut celui de Nigel, qui a sérieusement divisé les lecteurs. Certains le trouvaient tombé dans l'histoire comme un cheveu sur la soupe.

« C'est un personnage qu'on déteste tout court au départ parce qu'il perturbe la lecture... et qu'on finit par détester aimer. Il nous manque quand il n'est plus là. »

Quand j'ai lu ça, j'ai compris que Nigel allait rester dans la saga.

Bien sûr, je n'ai pas encore la patine d'un écrivain chevronné. J'ai commencé cette aventure il y a trois ans et je viens juste d'auto-publier le premier tome de ma saga. Mais j'ai un regard neuf et une certaine expérience de la vie. Et des gens. Car si l'art n'imite pas forcément la vie, il s'en inspire vachement. Ne cherchez pourtant pas ma boulangère à travers Pétunia, ni Tobias au fin fond de chez mon garagiste. Je ne nierai pas que la graine vient d'un trait que l'on remarque chez quelqu'un de notre entourage et dont on s'amuse, mais l'arbre qui en pousse n'a rien à voir.

J'ai bien fait ?

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